Organ donation.
The gift of life.

L’humour, c’est rire malgré la maladie !

Véronique Haberey-Knuessi

 

Rire et maladie : l’association des deux termes apparaît quelque peu antinomique ou tout au moins incongrue, de prime abord. Certes leur union ne relève pas d’une évidence, mais doit-on pour autant scinder le rire et la maladie dans une dichotomie qui verrait la maladie confinée au seul état de tristesse ?


Le rire serait-il exclu chez la personne malade ? Celle-ci, non contente d’être atteinte dans son corps, se verrait-elle encore privée de cette importante composante sociale ?


La maladie, tout comme la transplantation d’organes restent des épreuves difficiles à vivre, corrélées bien souvent avec des fluctuations dans des degrés de stress plus ou moins intenses.


S’il n’est pas mauvais sur un court laps de temps, le stress devient néanmoins délétère lorsqu’il perdure et épuise les ressources de l’organisme. Il a alors des conséquences sur de nombreux organes et influence différentes fonctions de notre corps. Et c’est sans doute sur point qu’il est à présent important d’évoquer le rire.

 

En effet, celui-ci a aussi, de son côté, différents impacts sur le corps humain. Si nous observons en parallèle le stress et le rire en examinant, d’un côté, les conséquences du stress sur l’organisme et, de l’autre, les effets du rire dans une perspective similaire, nous constatons la présence de symptômes parfaitement opposés. 

 

Là où le stress agit comme un excitant et un stimulant, le rire agit comme calmant et apaisant. Que ce soit au niveau du système cardio-vasculaire, de la digestion, du système immunitaire ou encore à bien d’autres endroits, le rire à un effet bénéfique à présent clairement démontré. 

 

Certes tous les mécanismes du rire n’ont pas encore pu être déchiffrés et certains mécanismes n’ont pas encore trouvé une entière explication. 

 

On ne saurait donc considérer le rire comme une thérapie en soi, complètement suffisante. Néanmoins son aide est incontestable et même si elle est encore peu connue, la gélothérapie ou thérapie par le rire, commence à prendre son essor. C’est sur l’initiative d’un journaliste qu’elle a vu le jour. 

 

Norman Cousins, atteint d’une spondylarthrite ankylosante a décidé de se soumettre à un programme journalier de rire et a vu, contre toute attente, son état s’améliorer de jour en jour, jusqu’à atteindre une guérison complète. 

 

Depuis les années 80, le rire est délibérément entré à l’hôpital, tout particulièrement au Canada, avec les fameux clowns du Dr Patch Adams. 


Aujourd’hui, dans différentes villes d’Europe, les clubs de rire tentent d’aider à retrouver cette fonction naturelle qui concourt à notre bien-être personnel d’un côté, mais qui joue aussi un rôle social déterminant. 

 

Le rire est en effet un important facteur de socialisation et de reconnaissance, tant communautaire que personnelle. Il favorise l’estime de soi et le sentiment d’appartenance et renforce, de ce fait, à son tour, les défenses naturelles de l’organisme dans sa lutte contre le stress et la maladie.


Rire n’est donc pas une option à conserver pour les seuls moments de parfait bien-être, souvent assez rares ! Il s’agit bien davantage d’une hygiène de vie à entretenir et à promouvoir pour mettre en œuvre et favoriser ce bien-être.


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